La guerre des langues sera digitale (ou ne sera pas…)

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La langue française est menacée.

Seul l’anglais compte.

Demain, on parlera tous chinois !

Il n’y a pas que les espèces qui disparaissent sous la pression d’un capitalisme forcené et d’une mondialisation à marche forcée : la diversité culturelle recule tout autant que la biodiversité : ainsi, une langue meurt en moyenne toutes les deux semaines (source : NYT, en anglais), et la moitié de celles qui sont encore parlées pourront bien s’éteindre avant la fin du XXIème siècle.  Et si ces chiffres se situaient en réalité bien en deçà de la réalité ? C’est du moins ce qu’estime Andras Kornai de l’Académie des sciences hongroise, qui déplore la faible présence digitale de nombreux langages vernaculaires.

Pour lui, la survie (voire le développement) d’une langue passera par sa capacité à fédérer une communauté dynamique en ligne et faire vivre des sites et des médias sociaux. Il s’appuie notamment sur le site Wikipedia, présent un peu partout dans le monde, pour analyser la présence – ou ascension numérique pour rendre les termes de l’auteur – d’une marque (j’ai envie de comparer ce biais méthodologique à l’utilisation du prix du Big Mac dans certaines analyses économiques).

Ainsi, Wikipedia est actif dans 287 langues différentes, mais des propositions sont encore à l’étude pour deux fois plus de langues. Si certains groupes s’organisent pour défendre leur langue, comme les locuteurs du catalan, qui ne sont que dix millions mais possèdent le 15ème Wikipedia le plus actif, d’autres peinent à gagner une légitimité sur le web. Pour Andras Kornai, 5% au grand maximum des 7.000 langues toujours actives de par le monde parviendront à se faire une place au soleil numérique. Quand aux autres, sont-elles condamnées ?

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