E-réputation : quand l’Université Paris-Dauphine dérape…

Posted on Posted in E-réputation

L’Université Paris-Dauphine bénéficie d’un rayonnement international pour la qualité de son enseignement, et attire des étudiants de tous horizons… Le recrutement des étudiants cette année, pour rigoureux qu’il soit, a failli déraper.

Des oraux où tout est dévoilé

Si vous avez passé des oraux dans le cadre d’un concours ou d’une entrée à l’Université, vous savez comme l’exercice est délicat. Réussir à vous vendre en une vingtaine de minutes. De l’autre côté de la table, le jury est confronté à la même gageure : s’assurer que les candidats retenus possèdent réellement le profil qu’ils affichent, en quelques minutes et une poignée de questions.

Un professeur de Paris-Dauphine a eu la (fausse) bonne idée de demander à la soixantaine d’étudiants postulant pour un Master de gestion de venir avec une copie de leur profil Facebook. Il espérait ainsi en savoir plus sur les centres d’intérêts et activités extrascolaires des candidats. Sans même penser que cette démarche violait la vie privée de ces candidats, qui peuvent très bien utiliser Facebook dans un cadre semi-public ou complètement privé, en fonction de leurs critères de confidentialité.

Un doyen attentif, un professeur qui n’a pas retenu la leçon

L’incident est remonté aux oreilles de la direction, et les oraux concernés par cette demande atypique et déplacée ont tous été annulés. Le doyen a de plus tenu à formuler des excuses publiques auprès des étudiants et de leurs proches, en assurant que son établissement serait plus vigilant à l’avenir.

Quant au professeur rebelle ? Il paraît, si on s’en réfère à un article du site Lepoint.fr, qu’il exprime de vifs regrets devant une décision qu’il ne comprend pas. A-t-il seulement compris les implications de son acte ?

Les étudiants sont partagés devant cette mesure. Si certains, résignés, voient dans cette démarche l’officialisation d’une pratique déjà répandue, d’autres ont signifié leur vif mécontentement.

Le saviez-vous ?

En France, une charte de bonne conduite a été votée, demandant aux recruteurs de ne pas explorer la vie des candidats en fouillant les réseaux sociaux.

Citons notamment un passage bien précis, où la charte attend des recruteurs de « ne pas utiliser les moteurs de recherche ni les réseaux sociaux comme outils d’enquête. Si une personne rend publiques sur Facebook des informations telles que sa religion, son lieu de naissance ou encore sa situation matrimoniale, le point de vue du recruteur peut être biaisé ».

Hélas, en l’absence d’outils de contrôle et d’un arsenal répressif, gageons qu’une telle charte n’a aucun impact réel.

Et vous, acceptez-vous d’être jugé(e) explicitement, à l’oral ou en entretien, sur votre profil Facebook ?

2 thoughts on “E-réputation : quand l’Université Paris-Dauphine dérape…

Laisser un commentaire